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Baleine

Cetus - Cet

Baleine
  • Observation optimale : Octobre-Décembre
  • Zone de visibilité : 65° N / 79° S
  • Rang de taille : 4
  • Étoile la plus lumineuse : Diphda (β)

Les Anciens crurent voir dans la disposition de ces étoiles l'élégante silhouette d'une baleine. Dans la mythologie grecque elle évoquait le monstre marin auquel Andromède, fille de Céphée et Cassiopée, fut offerte en sacrifice pour calmer la colère de Neptune.
Proche du plan de projection de l'écliptiqueÉcliptique : projection du plan de l'orbite terrestre sur la voûte céleste. Pour cette raison, il correspond également au déplacement apparent du Soleil parmi les étoiles sur une année.
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, cette constellationConstellation : les constellations prennent leurs origines essentiellement dans la mythologie. N'ayant aucune entité physique propre, elles résultent d'une simple association d'étoiles qui, vues depuis la Terre, semblent angulairement proches.
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peut épisodiquement se voir traversée par les planètesPlanète : nom initialement attribué aux points lumineux vagabondant parmi les étoiles, planêtos signifie « astres errants » en grec.
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de notre Système solaireSystème solaire : ensemble des corps célestes placés sous l'attraction gravitationnelle du Soleil, qui contient à lui seul 99,8 % de la masse du système.
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. C'est également dans cette zone que l'astéroïdeAstéroïde : petit corps orbitant autour du Soleil et dont la plus grande dimension ne dépasse pas quelques centaines de kilomètres.
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Vesta fut découvert par Heinrich OlbersHeinrich Olbers
Découvreur des astéroïdes Pallas et Vesta, son nom reste surtout rattaché au « paradoxe de la nuit noire »…
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(1758 -1840) en 1807.
La constellation contient une étoile « merveilleuse ». Elle abrite également la galaxieGalaxie : les étoiles ne se distribuent pas au hasard dans l'Univers, elles tendent à se regrouper dans des objets comprenant chacun entre un à cent milliards de membres que l'on nomme galaxies.
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naine IC 1613, distante seulement de 1,8 million d'années-lumièreAnnée-lumière : unité de distance correspondant à celle parcourue par la lumière (dans le vide) en un an.
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. Faisant partie de l'amas local, et pratiquement deux fois plus proche que la galaxie d'Andromède (M 31M 31
Pôle d'attraction de la constellation, cette galaxie spirale vue de trois-quarts est l'objet le plus lointain discernable à l'œil nu.
Messsier 31
), elle reste cependant très difficile à observer.

Objets stellaires intéressants
Omicron (ο) Ceti = Mira
Étoile variable Période : 331,96 jours Distance : ≈ 300 a.l.
Ascension droite : 02h 19m 20,79s (J2000) Déclinaison : −02° 58' 39,5" (J2000) Magnitude : 2,0 à 10,1
L'étoile Mira Ceti
Le couple Mira A (en jaune) et Mira B (en rouge) - Crédit : M. l'Irlande/Caltech

Visible à l'œil nu que quelques semaines par an, sa première observation « écrite » est celle d'un théologien et astronome amateur hollandais : David Fabricius (1564 - 1617), le 13 août 1596. Il fut frappé par l'éclat rouge vif de cette étoile qui ne figurait sur aucun des catalogues alors à sa disposition. Mais à une époque où l'on croyait encore à l'immuabilité des cieux, il ne porte aucune mention de sa variabilité bien qu'il l'observa sur une période de plusieurs mois. C'est Johannes Hewel (ou Johan Hœvelke, dit Hévélius, 1611 - 1687) qui, à défaut d'en faire la première remarque, lui donnera bien plus tard son nom qui signifie la « Merveilleuse » tant il fut étonné par sa particularité. Entre-temps, l'astronome Johann BayerJohann Bayer
En 1603, il publie le premier atlas céleste imprimé : Uranometria. Il y introduit l'usage de nommer les étoiles les plus marquantes de chaque constellation par des lettres grecques en suivant l'ordre décroissant de leur éclat visuel…
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(1572 - 1625) la répertorie dans son Uranometria en lui attribuant la lettre ο (omicron), soit le quinzième rang par ordre de luminosité, l'étoile étant alors de magnitudeMagnitude (stellaire) : échelle logarithmique permettant de répertorier les étoiles en fonction de leur luminosité. Le niveau zéro de cette échelle a été arbitrairement attribué à une série d'étoiles étalons et le rapport entre chaque magnitude est d'un facteur 2,5.
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 4.
Les données interférométriques actuelles permettent de dire que Mira fait partie des dix plus grosses étoiles connues. Mise à la place du SoleilSoleil
Le Soleil n'est que l'une des 100 milliards d'étoiles qui constituent notre Galaxie.
Étoile Soleil
, elle s'étendrait jusqu'à l'orbite de JupiterJupiter
La plus grosse planète du Système solaire est aussi celle qui tourne le plus rapidement sur elle-même : un peu moins de dix heures au niveau de l'équateur…
Planète Jupiter
et, avec une masse valant le double de celle du Soleil, sa densité globale est celle d'un vide très poussé obtenu en laboratoire !
En conséquence, Mira est une étoile « froide » avec une température variant de 1 900 à 2 500 kelvinsKelvin : le kelvin est l'unité de mesure de la température absolue, soit la mesure de l'agitation cinétique des particules (atomes ou molécules) qui constituent un corps ; le point zéro indiquant une agitation cinétique nulle. Ce zéro absolu équivaut à −273,15 °Celsius, ou 0 °C = 273,15 kelvins.
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, suivant les expansions et contractions de l'étoile. Il s'agit d'une géante rouge, étoile au terme de sa vie, ayant épuisé pratiquement tout l'hydrogène de son noyau. Ses pulsions successives résultent d'un combat interne entre la pression de radiation et l'énergie gravitationnelle. La production d'énergie interne produit une force dirigée vers l'extérieur, lorsque celle-ci devient insuffisante pour contenir les couches supérieures, l'étoile se contracte à nouveau et se réchauffe en réamorçant un nouveau cycle de 331,96 jours. À terme, Mira devrait s'effondrer en étoile à neutrons.
Mira est le prototype des variables pulsantes à longue période, de 80 à 1 000 jours. La relation « période-luminosité » des étoiles du type Mira Ceti est inverse de celle des céphéidesCéphéides : étoiles variables pulsantes dont les périodes de pulsation vont de 1 à 70 jours.
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, la luminosité décroît lorsque la période augmente.
En 1918, Alfred Harrison Joy (1882 - 1973) a décelé dans le spectre de Mira la présence d'un compagnon. Le spécialiste des étoiles doubles, Robert Grant Aitken (1864 - 1951) l'observera visuellement en 1923.
Le télescope spatial Hubble a depuis démontré que Mira était bien accompagnée d'une naine blanche, un transfert de matière s'effectuant entre les deux étoiles. La période de révolution est de 260 ans.
Le télescope spatial GALEX (GALaxy Evolution Explorer) destiné à l'étude des galaxiesGalaxie : les étoiles ne se distribuent pas au hasard dans l'Univers, elles tendent à se regrouper dans des objets comprenant chacun entre un à cent milliards de membres que l'on nomme galaxies.
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en ultraviolet a révélé que l'étoile perd de la matière de son enveloppe externe, créant une queue de 13 années-lumièreAnnée-lumière : unité de distance correspondant à celle parcourue par la lumière (dans le vide) en un an.
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de longueur, qui se serait formée pendant ces 30 000 dernières années. Le rapide déplacement de Mira (130 km·s−1) dans le milieu interstellaire peut expliquer en partie cette perte de matière.

Visuel
Ultraviolet
Superposition d'images montrant la trainée de matière de Mira repérable en ultraviolet - NASA/GALEX
Sélection d'objets non-stellaires
NGC 246 = Caldwell 56 = Nébuleuse du Crâne
Nébuleuse planétaire Dimension : Ø 225" Distance : - -
Ascension droite : 00h 47m 03,28s (J2000) Déclinaison : −11° 52' 19,5" (J2000) Magnitude : 10,90 ± 0,10
NGC 246
La nébuleuse planétaire NGC 246
NGC 247 = Caldwell 62
Galaxie - SABd Dimension : 19,0' × 5,5' Distance : 11,7 × 106 a.l.
Ascension droite : 00h 47m 08,58s (J2000) Déclinaison : −20° 45' 37,8" (J2000) Magnitude : 9,21 ± 0,14
NGC 247
La galaxie NGC 247
IC 1613 = Caldwell 51
Galaxie - I Dimension : 20,0' × 18,5' Distance : 2,36 × 106 a.l.
Ascension droite : 01h 04m 47,81s (J2000) Déclinaison : +02° 07' 03,6" (J2000) Magnitude : 9,54 ± 0,15
IC-1613
La galaxie IC 1613
NGC 936
Galaxie - SB- Dimension : 5,7' × 4,6' Distance : - -
Ascension droite : 02h 27m 37,43s (J2000) Déclinaison : −01° 09' 21,7" (J2000) Magnitude : 10,23 ± 0,07
NGC 936
La galaxie NGC 936
Messier 77 = NGC 1068
Galaxie - SABab Dimension : 8,2' × 7,3' Distance : 65 × 106 a.l.
Ascension droite : 02h 42m 40,74s (J2000) Déclinaison : −00° 00' 48,0" (J2000) Magnitude : 9,85 ± 0,96

Amas de petites étoiles, qui contient de la nébuloſité dans la Baleine, & ſur le parallèle de l'étoile δ rapportée, de troiſième grandeur, & que M. Meſſier n'a eſtimé que de la cinquième. M. Méchain vit cet amas le 29 Octobre 1780 ſous la forme de nébuleuſe. (17 Décembre 1780)
[Extrait du Catalogue des Nébuleuses et des Amas d'Étoiles, paru dans Connaissance des temps - 1784]

NGC 1068
La galaxie Messier 77

GalaxieGalaxie : les étoiles ne se distribuent pas au hasard dans l'Univers, elles tendent à se regrouper dans des objets comprenant chacun entre un à cent milliards de membres que l'on nomme galaxies.
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repérée par Pierre MéchainPierre Méchain
En raison de difficultés financières, son père ne peut lui assurer une formation d'architecte, profession qu'il voudrait le voir prendre comme lui. Ayant eu connaissance de son intérêt pour l'astronomie, Joseph de Lalande le prend comme élève…
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(1744 - 1804) le 29 octobre 1780. La découverte sera vérifiée par Charles MessierCharles Messier
Dixième enfant d'une lignée de douze, il se voit contraint de « s'exiler » à Paris en 1751. Doté d'une belle écriture et doué pour le dessin, il y a trouvé un emploi de cartographe chez l'astronome-géographe Joseph Nicolas Delisle…
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(1730 - 1817) le 17 décembre suivant. Elle est le prototype des galaxies de type Seyfert, caractérisées par un noyau très actif et lumineux.
Source d'émission radio, elle est également répertoriée sous le matricule 3C 71. Elle est le principal élément du groupe composé également des NGC 1055, 1073, 1087 et 1090.

Les coordonnées équatoriales J2000 et les magnitudes associées (V) sont extraites des bases de données HyperLeda (http://leda.univ-lyon1.fr) et du CDS Portal (http://cdsportal.u-strasbg.fr/). Les données relatives aux supernovæ proviennent de The Open Supernova Catalog (https://sne.space/).
Sauf mention contraire, les illustrations sont issues des différents catalogues du Digitized Sky Survey (http://archive.stsci.edu/cgi-bin/dss_form).