Carte

Couronne boréale

Corona Borealis - CrB

  • Observation optimale : Juin
  • Zone de visibilité : 90° N / 50° S
  • Rang de taille : 73
  • Étoile la plus lumineuse : Alphekka (α)

Sertie entre HerculeHercule
Constellation boréale visible en été, elle renferme l'amas globulaire M 13.
Hercule
et le BouvierBouvier
Constellation boréale visible au printemps, son étoile Arcturus est la plus brillante du ciel boréal.
Bouvier
, cette petite constellationConstellation : les constellations prennent leurs origines essentiellement dans la mythologie. N'ayant aucune entité physique propre, elles résultent d'une simple association d'étoiles qui, vues depuis la Terre, semblent angulairement proches.
Glossaire
est située dans une portion de ciel ne comprenant que très peu d'étoiles brillantes. Dénommée « Écuelle des pauvres » par les arabes, la Couronne boréale est cependant facile à repérer en raison de sa forme caractéristique en demi cercle. Elle renferme un amas de plus de 400 galaxiesGalaxie : les étoiles ne se distribuent pas au hasard dans l'Univers, elles tendent à se regrouper dans des objets comprenant chacun entre un à cent milliards de membres que l'on nomme galaxies.
Glossaire
, malheureusement hors de portée visuelle.
Son origine officielle fait également référence à la mythologie. Il s'agit de la couronne d'Ariane, lancée dans les cieux par Bacchus après l'avoir délivrée de l'île de Naxos où elle fut abandonnée par Thésée.
La Couronne boréale est l'une des 48 constellations répertoriées par PtoléméePtolemaeus Claudius, dit Ptolémée
Très peu d'éléments de la vie de Ptolémée sont connus, mais on le sait auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, dont deux feront autorité jusqu'à la Renaissance (l'Almageste et Géographie)…
Glossaire
dans son Almageste au IIe siècle et officialisée par l'Union Astronomique InternationaleL'UAI a pour mission de promouvoir l'astronomie sous tous ses aspects : recherche, communication, éducation, etc., par le biais de la coopération internationale.
Union Astronomique Internationale
en 1930.
Il existe dans l'hémisphère Sud une constellation appelée Couronne australeCouronne australe
Elle doit son nom à une analogie de forme avec le constellation boréale de la Couronne boréale.
Couronne australe
.

Objets stellaires intéressants
Zeta (ζ) Coronae Borealis
Étoile multiple Séparation : A-B : 6,3" Distance : 524 a.l. ± 6
Ascension droite : 15h 39m 22,69s (J2000) Déclinaison : +36° 38' 09,0" (J2000) Magnitude : A : 5,07 ± 0,10 ; B : 6,00 ± 0,10

ζ Coronae Borealis est un système multiple composé de cinq étoiles. Le couple principal est composé de ζ2 Coronae Borealis (également notée ζ Coronae Borealis A) qui est la plus lumineuse et ζ1 Coronae Borealis (aussi notée ζ Coronae Borealis B) qui est celle qui a le plus faible éclat !
ζ2 Coronae Borealis est un système triple dont la composition ne peut être mise en évidence que par spectroscopieSpectroscopie : branche de l'astrophysique qui étudie les objets célestes par l'examen de leur spectre. Cette analyse procure des informations sur la température, la composition chimique et permet de déduire le mouvement radial des corps célestes.
Glossaire
. Le couple le plus serré a une période de révolution de 1,7 jour, l'étoile la plus extérieure parcourt son orbiteOrbite : trajectoire, généralement elliptique, décrite par un corps naturel ou artificiel soumis au champ gravitationnel d'un autre corps considéré comme fixe.
Glossaire
en 251 jours.
ζ1 Coronae Borealis est une binaire spectroscopiqueBinaire spectroscopique : étoiles trop rapprochées dont la binarité ne peut être révélée que par analyse spectrale.
Glossaire
avec une période orbitale de 9,5 jours.

R Coronae Borealis
Variable prototype Période : irrégulière Distance : ≈ 4 565 a.l.
Ascension droite : 15h 48m 34,41s (J2000) Déclinaison : +28° 09' 24,3" (J2000) Magnitude : 5,7 à 14,8
R Coronae Borealis
L'étoile variable R Coronae Borealis

R CrB est le prototype d'une classe d'étoiles variables. L'énigmatique variation irrégulière de son éclat a été mise en évidence par l'anglais Edward Pigott (1753 - 1825) dès 1795. À la limite de la détection à l'œil nu au maximum, elle devient difficile à repérer avec un bon télescope d'amateur quand elle est au minimum.
Il s'agit vraisemblablement d'une très vieille étoile en train de transformer son hélium en carbone. Celui-ci formerait un nuage de « poussière » qui, en l'englobant épisodiquement, absorberait une partie de la lumière qu'elle émet. Puis, en se dissipant progressivement, il remettrait à jour la photosphère permettant ainsi une réaugmentation de l'éclat.

Sigma (σ) Coronae Borealis
Étoile multiple Séparation : A-B : 7,1" Distance : A : 73,9 a.l. ± 0,1 ; B : 73,88 a.l. ± 0,04
Ascension droite : 16h 14m 40,85s (J2000) Déclinaison : +33° 51' 31,1" (J2000) Magnitude : A : 5,64 ± 0,10 ; B : 6,66 ± 0,10
Le système Sigma Coronae Borealis
Le système Sigma Coronae Borealis : σ A et σ B (duo non résolu sur l'image) et σ C (cadre rouge)

Le couple principal de ce système multiple est appelé σ Coronae Borealis A (également nommée σ2 Coronae Borealis et qui est la plus lumineuse du duo) et σ Coronae Borealis B (qui se trouve aussi être σ1 Coronae Borealis).
σ Coronae Borealis A est une binaire spectroscopiqueBinaire spectroscopique : étoiles trop rapprochées dont la binarité ne peut être révélée que par analyse spectrale.
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quasiment au contact avec une période orbitale de seulement 1,14 jour. Les forces de marée exercées entre les étoiles ont conduit à la synchronisation de leur rotation. La binaire subit des variations de luminosité en raison de taches sur leurs surfaces, elle est également identifiée comme étoile variable avec la désignation TZ Coronae Borealis.
σ Coronae Borealis B est une étoile de classe spectraleClassification spectrale : classification des étoiles en fonction de la distribution de leur rayonnement électromagnétique, qui dépend essentiellement de la température de surface, instaurée par l'observatoire de Harvard au début du XXe siècle.
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 G1 V.
Une autre binaire, composée d'une naine rouge et d'un compagnon non résolu, orbite autour du couple principal avec un écart de 635". Cette étoile est nommée σ Coronae Borealis C et reçoit également la notation HIP 79551, elle est de magnitudeMagnitude (stellaire) : échelle logarithmique permettant de répertorier les étoiles en fonction de leur luminosité. Le niveau zéro de cette échelle a été arbitrairement attribué à une série d'étoiles étalons et le rapport entre chaque magnitude est d'un facteur 2,5.
Glossaire
 12,23.

Les coordonnées équatoriales J2000 et les magnitudes associées (V) sont extraites des bases de données HyperLeda http://leda.univ-lyon1.fr et du CDS Portal http://cdsportal.u-strasbg.fr/.
Sauf mention contraire, les illustrations sont issues des différents catalogues du Digitized Sky Survey http://archive.stsci.edu/cgi-bin/dss_form.