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Petite Ourse

Ursa Minor - UMi

Petite ourse
  • Observation optimale : Mai-Juillet
  • Zone de visibilité : 90° N / 0°
  • Rang de taille : 56
  • Étoile la plus lumineuse : Polaris (α)

Cette réplique miniature et inversée de sa « grande sœur », la constellationConstellation : les constellations prennent leurs origines essentiellement dans la mythologie. N'ayant aucune entité physique propre, elles résultent d'une simple association d'étoiles qui, vues depuis la Terre, semblent angulairement proches.
Glossaire
circumpolaireCircumpolaire : une constellation est dite circumpolaire lorsque, pour une latitude donnée, elle reste toute l'année au-dessus de l'horizon.
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de la Petite Ourse est l'une des plus connues en raison de sa position proche du pôle céleste Nord. C'est l'une des 48 constellations répertoriées par PtoléméePtolemaeus Claudius, dit Ptolémée
Très peu d'éléments de la vie de Ptolémée sont connus, mais on le sait auteur de plusieurs ouvrages scientifiques, dont deux feront autorité jusqu'à la Renaissance (l'Almageste et Géographie)…
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dont le découpage a été retenu et officialisé par l'Union Astronomique InternationaleL'UAI a pour mission de promouvoir l'astronomie sous tous ses aspects : recherche, communication, éducation, etc., par le biais de la coopération internationale.
Union Astronomique Internationale
en 1930.
La paternité de cette figure céleste semble revenir à Thales de Milet (−624 à −546) qui l'aurait suggérée comme aide à la navigation aux Grecs qui se repéraient jusqu'alors par Ursa Major. Il ne semble pas que cette similitude de forme ait été remarquée auparavant. Ursa Minor est plus connue aux États-Unis sous le nom de Little Dipper, ses sept étoiles les plus brillantes dessinant la forme d'une louche (ou d'une cuillère).
À cette place trônait autrefois un chien, antécédent fâcheux pour notre Petite Ourse qui se voit ainsi aujourd'hui affublée d'une queue longue et relevée. Son principal intérêt (l'unique ?) est de permettre le repérage du pôle céleste Nord avec une relative précision.

Objets stellaires intéressants
Alpha (α) Ursae Minoris = Polaris
Étoile multiple Séparation : A-B : 18,4" Distance : 378 a.l. ± 55
Ascension droite : 02h 31m 49,09s (J2000) Déclinaison : +89° 15' 50,8" (J2000) Magnitude : A-B : 1,98 et 8,7
Polaris
Polaris, l'étoile visible à l'œil nu actuellement la plus proche du pôle céleste Nord
Repérage de la polaire
Repérage de l'étoile polaire

Appelée Alrouk-kabah (Alruccabah, le Guide), ou al Rukbat (le Genou) suivant les versions, par les Arabes et Dubhe (comme α UMa) par les Phéniciens, elle prit la « distinction » de Stella Polaris vers l'an mil, mais l'appellation « Étoile polaire » ne reste qu'un surnom. La tradition grecque l'avait nommée Cynosura (la queue du chien).
Pour localiser la Petite Ourse, et en particulier l'étoile polaire, il est possible de la retrouver en prolongeant d'environ cinq fois la distance séparant les étoiles (bien plus lumineuses) Merak et Dubhe de la Grande Ourse.
Elle nous paraît immobile sur la voûte céleste en raison de sa proximité avec la projection de l'axe de rotation terrestre. En réalité, elle est située à 44' du pôle céleste vrai, soit plus d'une fois et demi le diamètre de la LuneLune
Le couple Terre-Lune peut être considéré comme une planète double qui orbite autour du Soleil à partir d'un centre de gravité commun…
Lune
. En raison du mouvement de précessionPrécession : l'axe de rotation terrestre décrit un cône autour de la direction perpendiculaire au plan de son orbite. Ainsi chaque prolongement de l'axe des pôles dessine un cercle en 25 800 ans par rapport aux étoiles.
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, elle continuera à se rapprocher de cette position jusqu'en 2102. L'écart ne sera alors plus que de 27' 31", soit un peu moins que le diamètre apparent de la Lune.
C'est une étoile triple, la séparation du couple principal est d'environ 18" ; le compagnon – découvert par William HerschelWilliam Herschel
Fils de musicien, William Friedrich Wilhelm Herschel reçoit également une formation musicale, apprenant le hautbois et le violon. En 1757, il quitte sa ville natale de Hanovre pour l'Angleterre où il s'installe comme copiste à Londres, puis enseigne la musique à Durham…
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en août 1779 – reste assez difficile à observer en raison de la différence de luminosité. La troisième composante ne peut être décelée que par des méthodes spectroscopiquesSpectroscopie : branche de l'astrophysique qui étudie les objets célestes par l'examen de leur spectre. Cette analyse procure des informations sur la température, la composition chimique et permet de déduire le mouvement radial des corps célestes.
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.
L'étoile polaire est également classée comme céphéideCéphéides : étoiles variables pulsantes dont les périodes de pulsation vont de 1 à 70 jours.
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. Observée de manière fiable depuis 1899, l'amplitude de sa variablité a commencé à diminuer, lentement d'abord, puis de plus en plus rapidement jusqu'en 1994 où il est apparu que son éclat restait stable. Les dernières mesures tendent à démontrer une nouvelle reprise du cycle de variation sans qu'aucune explication n'ait pu être trouvée à ces différents changements.
La principale est une supergéante de 5,4 M⊙ et de type spectral (Voir : classe spectraleClassification spectrale : classification des étoiles en fonction de la distribution de leur rayonnement électromagnétique, qui dépend essentiellement de la température de surface, instaurée par l'observatoire de Harvard au début du XXe siècle.
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) F7 I, l'étoile secondaire est une étoile de la séquence principale de 1,39 M⊙ (classe spectrale F6 V).

Rotation étoiles au pôle
Rotation d'étoiles au pôle Nord, la Polaire est la traînée la plus lumineuse près du centre. - Creative Commons CC0
Bêta (β) Ursae Minoris = Kochab
Étoile Distance : 130,9 a.l. ± 0,6
Ascension droite : 14h 50m 42,37s (J2000) Déclinaison : +74° 09' 20,0" (J2000) Magnitude : 2,13 ± 0,09

Son nom vient de l'arabe Kaucab-al-Seemali qui signifie « Étoile du Nord » ; en raison du mouvement de précessionPrécession : l'axe de rotation terrestre décrit un cône autour de la direction perpendiculaire au plan de son orbite. Ainsi chaque prolongement de l'axe des pôles dessine un cercle en 25 800 ans par rapport aux étoiles.
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, elle était effectivement l'étoile la plus proche du pôle il y a 3 000 ans. Elle est située près du radiantRadiant : point sur la voûte céleste d'où semblent provenir les météorites d'un même essaim.
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de l'essaim des Ursides.
D'une masse estimée à 2,2 M⊙ et 130 fois plus lumineuse que le SoleilSoleil
Le Soleil n'est que l'une des 100 milliards d'étoiles qui constituent notre Galaxie.
Étoile Soleil
, Kochab est une étoile géante de classe spectraleClassification spectrale : classification des étoiles en fonction de la distribution de leur rayonnement électromagnétique, qui dépend essentiellement de la température de surface, instaurée par l'observatoire de Harvard au début du XXe siècle.
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K4 III. Elle s'éloigne du Système solaireSystème solaire : ensemble des corps célestes placés sous l'attraction gravitationnelle du Soleil, qui contient à lui seul 99,8 % de la masse du système.
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à la vitesse de 17 km·s−1.
Une planètePlanète : nom initialement attribué aux points lumineux vagabondant parmi les étoiles, planêtos signifie « astres errants » en grec.
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d'une masse équivalente à 6,1 fois celle de JupiterJupiter
La plus grosse planète du Système solaire est aussi celle qui tourne le plus rapidement sur elle-même : un peu moins de dix heures au niveau de l'équateur…
Planète Jupiter
y a été détectée en 2014. Elle décrit son orbite en 522,3 ± 2,7 jours.

Gamma (γ) Ursae Minoris = Pherkad
Étoile variable pulsante Période : Irrégulière Distance : 487 a.l. ± 8
Ascension droite : 15h 20m 43,76s (J2000) Déclinaison : +71° 50' 02,6" (J2000) Magnitude : 3,03 ± 0,06
Pherkad
L'étoile Pherkad, celle vue proche (11 Ursae Minoris) ne lui est pas liée gravitationnellement.

C'est une variable irrégulière avec des oscillations de faible amplitude : un dixième de magnitudeMagnitude (stellaire) : échelle logarithmique permettant de répertorier les étoiles en fonction de leur luminosité. Le niveau zéro de cette échelle a été arbitrairement attribué à une série d'étoiles étalons et le rapport entre chaque magnitude est d'un facteur 2,5.
Glossaire
sur une période comprise entre deux et trois heures.
D'un type spectral (Voir : classe spectraleClassification spectrale : classification des étoiles en fonction de la distribution de leur rayonnement électromagnétique, qui dépend essentiellement de la température de surface, instaurée par l'observatoire de Harvard au début du XXe siècle.
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) A2 III et d'un rayon 15 fois supérieur à celui du SoleilSoleil
Le Soleil n'est que l'une des 100 milliards d'étoiles qui constituent notre Galaxie.
Étoile Soleil
, l'étoile est entourée d'un nuage de gaz organisé en couches concentriques qui pourraient interférer entre elles.
Pherkad est accompagnée d'une étoile de magnitude 5 (11 Ursae Minoris) avec laquelle elle forme un couple optique.

Pi-1 (π1) Ursae Minoris
Étoile double Séparation : 31,1" Distance : 71,12 a.l. ± 0,05 et 71,21 a.l. ± 0,05
Ascension droite : 15h 29,2m Déclinaison : +80° 27' Magnitude : 6,58 et 7,31

Ce système binaire est composé d'étoiles aux caractéristiques physiques proches de celles de notre SoleilSoleil
Le Soleil n'est que l'une des 100 milliards d'étoiles qui constituent notre Galaxie.
Étoile Soleil
. Elles orbitent autour de leur centre de gravité commun en un peu plus de 13 000 ans. À leur distance de 71 années-lumièreAnnée-lumière : unité de distance correspondant à celle parcourue par la lumière (dans le vide) en un an.
Glossaire
, leur séparation réelle vaut 680 fois la distance TerreTerre
Minuscule fragment de matière flottant autour d'une étoile banale, la planète Terre est pourtant la plus massive des planètes telluriques.
Planète Terre
-Soleil.
L'étoile principale – de type spectral (Voir : classe spectraleClassification spectrale : classification des étoiles en fonction de la distribution de leur rayonnement électromagnétique, qui dépend essentiellement de la température de surface, instaurée par l'observatoire de Harvard au début du XXe siècle.
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) G1 V – a une masse qui est de 2% supérieure à celle du Soleil, une température de surface quasiment identique de 5 770 K. L'étoile secondaire – de type spectral G9 V – a une masse qui vaut 92% celle de notre étoile, une température de surface de 5 410 K ; sa luminosité vaut un peu plus de la moitié de celle du Soleil.

Sélection d'objets non-stellaires
NGC 6217
Galaxie - SBbc Dimension : 3,3' × 3,3' Distance : 67,2 × 106 a.l.
Ascension droite : 16h 32m 39,28s (J2000) Déclinaison : +78° 11' 53,6" (J2000) Magnitude : 12,82 ± 1,29
NGC 6217
La galaxie NGC 6217 - Crédit : NASA, ESA and the Hubble SM4 ERO Team

Seul objet non-stellaire de la constellationConstellation : les constellations prennent leurs origines essentiellement dans la mythologie. N'ayant aucune entité physique propre, elles résultent d'une simple association d'étoiles qui, vues depuis la Terre, semblent angulairement proches.
Glossaire
de la Petite Ourse, NGC 6217 est une galaxieGalaxie : les étoiles ne se distribuent pas au hasard dans l'Univers, elles tendent à se regrouper dans des objets comprenant chacun entre un à cent milliards de membres que l'on nomme galaxies.
Glossaire
spirale barrée possédant un taux élevé de formation d'étoiles ; une de ces zones est particulièrement dense à l'une des extrémités de la barre centrale.
Une supernovaSupernova : effondrement d'une étoile massive en fin de vie (type II, Ib et Ic) ou explosion thermonucléaire d'une naine blanche à la suite d'une accrétion de matière arrachée à une étoile voisine (type Ia).
Glossaire
de type II (SN2018gj : 16h 32m 00s, +78° 12' 41") y a été découverte le 14 janvier 2018 ; magnitudeMagnitude (stellaire) : échelle logarithmique permettant de répertorier les étoiles en fonction de leur luminosité. Le niveau zéro de cette échelle a été arbitrairement attribué à une série d'étoiles étalons et le rapport entre chaque magnitude est d'un facteur 2,5.
Glossaire
maximale : 14,6.

Les coordonnées équatoriales J2000 et les magnitudes associées (V) sont extraites des bases de données HyperLeda (http://leda.univ-lyon1.fr) et du CDS Portal (http://cdsportal.u-strasbg.fr/). Les données relatives aux supernovæ proviennent de The Open Supernova Catalog (https://sne.space/).
Sauf mention contraire, les illustrations sont issues des différents catalogues du Digitized Sky Survey (http://archive.stsci.edu/cgi-bin/dss_form).