Taureau Taurus - Tau
- Observation optimale : Décembre-janvier
- Zone de visibilité : 90° N / 58° S
- Rang de taille : 17
- Étoile la plus lumineuse : Aldébaran (α)
Le Taureau est l’une des 48 constellations identifiées par Ptolémée (entre 87 et 100-vers 170), au IIe siècle, dont le découpage a été officialisé par l'Union Astronomique Internationale en 1930. Traversée par l'écliptique, elle fait également partie des constellations zodiacales ; la trajectoire du Soleil s'y projette du 14 mai au 22 juin. Dans la mythologie grecque, l'astérisme représente la métamorphose de Zeus utilisée pour enlever la fille du roi de Phénicie : Europe.
Les Égyptiens y virent le bœuf Apis, le dieu du Nil. Le Taureau abrite le radiant de plusieurs essaims de météorites.
Quelques objets intéressants
T Tauri
| Variable prototype | Période : irrégulière | Distance : 471 a.l. ± 4 |
| A.D. : 04h 21m 59,43s (J2000) | Dec. : +19° 32' 06,4" (J2000) | Magnitude : 8,4 à 13,5 |
Prototype d'une classe de variables irrégulières. Déjà inscrite sur des cartes célestes anciennes, elle fut (re)découverte par l'astronome anglais John Russel Hind (1823-1895) en 1852. Elle était alors de magnitude 10 et englobée dans une nébulosité (aujourd'hui NGC 1555). La luminosité de cette dernière diminua dans les années qui suivirent, jusqu'à disparaître totalement en 1868. Elle fut retrouvée photographiquement par la suite, mais de forme et de dimensions différentes. La position occupée par T Tauri dans l'évolution stellaire est celle d'un astre très jeune, vraisemblablement moins d'un million d'années. Les réactions nucléaires en son centre se sont amorcées et l'étoile est encore dans une phase d'instabilité en raison du déséquilibre entre les forces de gravitation et de radiation. Le système T Tauri est composé d'au moins trois membres, les deux autres émettent surtout dans le domaine de l'infrarouge. Des observations effectuées à l'aide du Very Large Array semblent démontrer que l'étoile T Tauri a vu son orbite modifiée après un passage rapproché de l'un de ses compagnons et pourrait même être éjecté du système.
M 1 - NGC 1952 - Nébuleuse du Crabe
| Rémanent de supernova | Dimension : 6' × 4' | Distance : 6 000 a.l. |
| A.D. : 05h 34m 31,92s (J2000) | Dec. : +22° 00' 52,3" (J2000) | Magnitude : 8,40 ± 0,10 |
Le premier élément du catalogue Messier est l'un des plus rares, il s'agit d'un résidu de supernova. Déjà repéré en 1731 par l'astronome amateur anglais John Bevis (1695-1771), cet objet sera (re)découvert par Charles Messier (1730-1817) le 28 août 1758, et reporté dans sa liste le 12 septembre de la même année, alors qu'il recherchait une comète dans cette région. Il le décrivit comme « une lumière blanchâtre ayant la forme d'une flamme de bougie ». William Parsons (lord Oxmantown comte de Ross, 1800-1867), à l'aide de son réflecteur de 90 cm, sera le premier à y distinguer des filaments qui, par similitude avec les pinces et les pattes d'un crabe, lui valurent son nom commun : la nébuleuse du Crabe. Les excellentes photographies obtenues depuis les années 1920 montrent que les filaments qui constituent cette nébuleuse sont en expansion avec une vitesse angulaire de 0,2" par an. À la distance de la nébuleuse, l'expansion réelle se fait avec une vitesse de 6,5 millions de kilomètres par heure et s'est développée sur un espace de 10 années-lumière. Même s'il est probable que cette expansion devait être encore plus rapide par le passé, l'événement à l'origine de ce mouvement devrait s'être produit au XIe siècle.
Des témoignages écrits d'une supernova ayant eu lieu le 4 juillet 1054 sont nombreux, notamment dans les annales chinoises où elle est mentionnée sous l'appellation d'« étoile hôte ». Pendant une vingtaine de jours l'astre fut aussi brillant que la planète Vénus, il disparut visuellement en avril 1056. L'occident de l'époque baignait dans le dogme d'un ciel immuable et aucune mention relative à cet événement n'a été retrouvée dans les divers relevés astronomiques occidentaux de cette époque. En 1967, Jocelyn Bell Burnell (1943), alors doctorante dans le groupe de radioastronomie de Cambridge, met en évidence des pulsations d'un rayonnement radio issu de la nébuleuse. Sa période sera ultérieurement mesurée avec précision : 1,337 301 192 seconde. Il s'agit du premier pulsar découvert, qui reste à ce jour l'un des plus étudiés. Aisément repérable par cheminement depuis l'étoile ζ (zêta ou 123 Tauri), Messier 1 demande cependant de bonnes conditions d'observation pour parvenir à y discerner quelques détails ; pour distinguer les filaments, une ouverture de 400 mm s'avère nécessaire.
M 45 - Pléiades
| Amas ouvert - I 3 r (n) | Dimension : Ø 110' | Distance : 440 a.l. |
| A.D. : 03h 46m 60,00s (J2000) | Dec. : +24° 07' 00,12" (J2000) | Magnitude : 1,2 |
Amas ouvert aussi connu en littérature qu'en astronomie, son étymologie est à relier aux mots grecs pleïn ou pleïos qui signifient respectivement « naviguer » et « beaucoup ». Objet type à observer aux jumelles, il constitue également un excellent test de vision. Si la plupart des observateurs y distinguent 6 à 7 étoiles à l'œil nu (dans un ciel de qualité), on raconte que Michael Mästlin (ou Mæstlin, 1550-1631, le tuteur de Johannes Kepler (1571-1630), pouvait en dénombrer jusqu'à 14. Charles Messier (1730-1817) rajouta ce groupe d'étoiles à l'inventaire de la première mouture de son catalogue, bien que son aspect ne présente aucune similitude avec la vision d'une comète. Connu depuis la plus haute Antiquité, des écrits relatifs à son observation datent de -2357, il faudra attendre les grecs pour affubler ses sept étoiles visibles à l'œil nu des noms des sept sœurs des Pléiades : Alcyone, Asterope, Electra, Maïa, Merope, Taygeta et Celæno.
Vers 1650, le jésuite italien Giovanni Battista Riccioli (1598-1671) en rajouta deux nouveaux : Pleione et Atlas, les parents des Pléiades. Alcyone (ou η), l'étoile la plus brillante du groupe, fut autrefois appelée « la Poule », l'amas lui même étant désigné de « poussinière ». Galilée (1564-1642) sera le premier, en 1610, à en faire une observation à l'aide d'une lunette astronomique et portera le nombre de ses membres à 36. Les estimations modernes ont portées cette valeur à 2 000 étoiles. L'amas est très jeune, seulement 78 millions d'années, et semble encore baigner dans la nébulosité qui lui a donné naissance. Cependant, des études récentes semblent démontrer que l'ensemble de l'amas et la nébuleuse n'ont pas la même vitesse apparente. Leur rencontre serait donc fortuite. Évidente sur les photographies en longues poses, la première trace de nébulosité fut remarquée visuellement pour la première fois autour de Mérope par l'astronome allemand Ernst Wilhelm Tempel (1821-1889), le 19 octobre 1859 à Venise, avec une lunette de seulement 10 cm de diamètre ! La structure complexe sera ensuite révélée par le pionnier de l'astrophotographie Isaac Roberts (1829-1904), entre 1883 et 1886. Les Pléiades se présentent avec un diamètre pratiquement équivalent à quatre fois celui de la Lune. La densité de l'amas est donc faible et il devrait se disperser dans les 250 millions d'années.
Hyades
| Amas ouvert - II 3 m | Dimension : Ø 330' | Distance : 150 a.l. |
| A.D. : 04h 26m 54,00s (J2000) | Dec. : +15° 52' 00,0" (J2000) | Magnitude : 0,5 |
Hyades est le nom collectif des étoiles formant l'un des amas ouverts les plus connus et facilement identifiable à l'œil nu sous l'apparence d'un « V » couché.
Il est placé à une distance double de celle de la géante rouge Aldébaran (l'œil du taureau), qui se superpose par projection et ne fait pas partie de l'amas. Toutes ces étoiles sont nées de la même nébuleuse et animées d'un mouvement propre identique en direction d'un point proche de Bételgeuse (α Ori). Anciennement Suculæ, représentation latine d'une truie avec ses petits, cet assemblage était vu sous la forme d'un troupeau de chameaux par les Arabes. La représentation « moderne » est celle d'une tête de taureau. Situées près du plan de l'écliptique, les étoiles des Hyades sont susceptibles d'être souvent occultées. C'est lors de l'« éclipse » de Soleil du 29 mai 1919, qui avait lieu en cette position, que fut vérifiée l'une des prédictions de la théorie de la relativité générale : la déviation des rayons lumineux provenant des étoiles par la présence d'un corps massif (ici représenté par le Soleil situé exactement dans l'axe Terre-Lune).