Orion Orion - Ori
- Observation optimale : Décembre-Janvier
- Zone de visibilité : 79° N / 67° S
- Rang de taille : 26
- Étoile la plus lumineuse : Rigel (β)
Orion le chasseur, ou Oarion le guerrier, est resté le monument incontournable du ciel d'hiver, et ce malgré la volonté du moine allemand Julius Schiller (1580-1627) de lui substituer un saint Joseph. Dans son catalogue d'étoiles Coelum Stellatum Christianum, les constellations « classiques » font place à des personnages bibliques. La tentative d'imposer ce catalogue, vraisemblablement à l'initiative du pape Urbain VIII — seule autorité à décider des « choses célestes —, n'apporta aucune aide au repérage. Il n'eut aucun impact et fut vite remisé au rang des curiosités. Situé sur l'équateur céleste, l'astérisme reste visible depuis toutes les régions habitées et très facilement identifiable à partir des trois étoiles alignées formant le Baudrier, ou Ceinture, du géant. Ces dernières, encore parfois appelées « les rois mages », furent dénommées Iugulæ (les étoiles jointes) par d'anciennes civilisations latines. Les Arabes l'appelaient le « Mouton noir avec un point blanc sur le dos ». C'est la seule constellation possédant deux étoiles de première magnitude. Si Orion est généralement représenté debout en bordure du fleuve Éridan en compagnie de ses deux chiens de chasse (Canis Major et Canis Minor), certaines évocations ont quelque peu varié. Il est parfois reproduit en train de chasser un lièvre (Lepus) ou avec une peau de lion dans sa main. C'est l'une des 48 constellations répertoriées par Ptolémée (entre 87 et 100-vers 170), au IIe siècle. Son découpage est officialisé par l'Union Astronomique Internationale en 1930.
Quelques objets intéressants
θ1 Orionis - Amas du Trapèze
| Étoile multiple | Séparation : 4,3" | Distance : 1 500 a.l. |
| A.D. : 05h 35m 17,19s (J2000) | Dec. : +05° 23' 26,9" (J2000) | Magnitude : - - |
Niché au cœur de la nébuleuse Messier 42, l'amas ouvert en formation du Trapèze est composé de quatre étoiles principales : A (magnitude 6,6), B (magn. 7,5), C (magn. 5,1) et D (magn. 6,4). L'étoile notée A n'est donc pas la plus brillante, mais la première dans l'ordre des ascensions droites. Il faut également noter que les éléments A, C et F sont des doubles serrées et que B s'avère être quadruple dont l'une des composantes, de magnitude 8,5, est séparée de 0,9".
(ESO/Gravity Association/NASA/ESA/M. McCaughrea)
α Orionis - Bételgeuse
| Étoile variable | Période : irrégulière | Distance : entre 500 et 700 a.l. |
| A.D. : 05h 55m 10,30s (J2000) | Dec. : +07° 24' 25,4" (J2000) | Magnitude : 0,4 à 1,3 |
Son nom commun vient de la déformation de l'expression arabe Ibt al Jauzah : « épaule du Géant ». C'est sir John Herschel (1792-1871) qui découvrit sa variabilité en 1836. Sa luminosité oscille de façon irrégulière sur une période moyenne de 2 070 jours, sur laquelle se superposent d'autres cycles de moindres amplitudes. Il est possible que son éclat ait diminué depuis que Johann Bayer (1572-1625) lui a attribué la lettre α (alpha). Aujourd'hui, elle n'est que la deuxième étoile de la constellation par ordre d'éclat. Bételgeuse est une supergéante rouge en fin de vie, son diamètre passe alternativement de 750 à 1 300 millions de km. Placée à la distance de notre Soleil, ses couches externes s'étendraient jusqu'à l'orbite de Jupiter au maximum. D'une masse équivalente à 30 fois celle de notre étoile, sa densité moyenne vaut celle… d'un gaz raréfié !
M 42 - NGC 1976 - Grande nébuleuse d'Orion
| Nébuleuse à émission | Dimension : 65' × 60' | Distance : 1 350 a.l. |
| A.D. : 05h 35m 17,19s (J2000) | Dec. : −05° 23' 26,9" (J2000) | Magnitude : 4,0 |
Nébuleuse à émission facilement repérable avec une simple paire de jumelles, M 42 fut découverte par le français Nicolas Claude Fabri de Peyresc (1580-1637) en 1611. Elle sera retrouvée indépendamment sept ans plus tard par le mathématicien et astronome suisse Jean Baptiste Cysat (1588-1657) et le célèbre Christiaan Huygens (1629-1695) en tracera un sommaire dessin en 1656. Charles Messier (1730-1817) en fera le premier portrait détaillé, publié en 1771, qui sera malheureusement bien mal rendu par une technique d'imprimerie encore balbutiante. La première photographie de celle qui allait très vite devenir une véritable icône de l'astronomie est faite par Henry Draper (1837-1882) le 30 septembre 1880. Un exploit technique pour l'époque, réalisé avec une lunette de 280 mm et un temps de pose de 51 minutes. Il s'agit d'une immense pouponnière d'étoiles qui contient suffisamment de matière pour fabriquer 10 000 soleils. Des photographies prisent à quelques années d'intervalle ont permis de mettre en évidence d'infimes changements dans quelques concentrations gazeuses en effondrement gravitationnel (proplyds).
M 43 - NGC 1982
| Nébuleuse à émission | Dimension : 20' × 15' | Distance : 1 600 a.l. |
| A.D. : 05h 35m 31,31s (J2000) | Dec. : −05° 16' 03,0" (J2000) | Magnitude : 9,0 |
Contrairement à la description faite par Charles Messier (1730-1817), qui l'intégra dans son catalogue le 4 mars 1769 et la perçue comme une faible nébuleuse indépendante de M 42, il s'agit bien d'une extension de la Grande nébuleuse d'Orion. Elle fut auparavant repérée par Jean-Jacques d'Ortous de Mairan (1678-1771), comme en témoigne un de ses dessins datant de 1731 et publié deux ans plus tard.
M 78 - NGC 2068
| Nébuleuse à émission | Dimension : 8' × 6' | Distance : 1 600 a.l. |
| A.D. : 05h 46m 45,41s (J2000) | Dec. : +00° 04' 46,5" (J2000) | Magnitude : 8,0 |
Cette nouvelle découverte de Pierre Méchain (1744-1804), au début de l'année 1780, est une petite nébuleuse à émission qui ne sera observée par Charles Messier (1730-1817) que le 17 décembre de la même année. Le rayonnement à l'origine de cette excitation provient essentiellement de deux étoiles de magnitudes 10,2 et 10,6 nichées au cœur de la nébuleuse et séparées de 50". La plus au nord est une binaire, la séparation du couple est de 2".