Premiers repères
Qu'est-ce qu'une constellation ?
Une constellation est une région du ciel délimitée de façon officielle, non un simple dessin reliant des étoiles. Dans les années 1920, l'Union Astronomique Internationale (UAI) décide de définir de manière rigoureuse les limites souvent floues de ces découpages hétéroclites. C'est l'Atlas Officiel des constellations de l'astronome belge Eugène Joseph Delporte (1882-1955), paru en 1930, qui en fixe officiellement les limites ; elles sont réparties en 44 boréales et 44 australes. Basées sur l'époque 1875.0, le mouvement de précession en a fait basculer les orientations qui suivaient des lignes d'ascension droite et de déclinaison. Chaque point du ciel appartient à une — et une seule — constellation. Les traits que l'on voit sur les cartes reliant les étoiles brillantes sont des conventions graphiques : ils aident à l'identification, mais ne correspondent pas à des liens physiques entre les étoiles. L'erreur classique du débutant est de vouloir mémoriser les 88 constellations d'un coup. La stratégie éprouvée est de partir de deux ou trois formes faciles et d'enchaîner les repères à partir d'elles. Chaque constellation identifiée devient la porte d'entrée vers ses voisines.
La Grande Ourse, la Petite Ourse et Cassiopée
La Grande Ourse est la constellation la plus simple à repérer : sa partie la plus évidente en forme de « casserole » (quadrilatère + manche de trois étoiles) se détache nettement sur un fond dégagé du ciel (la constellation s'étend en réalité bien au-delà de cet astérisme). Elle est circumpolaire, c'est-à-dire visible toute l'année depuis l'hémisphère nord. Deux étoiles du bord de la casserole — Dubhe et Mérak — pointent, prolongées d'environ cinq fois leur distance, vers l'Étoile polaire (dans la Petite Ourse). C'est le premier réflexe à acquérir : il donne immédiatement le nord et ancre l'orientation de tout le ciel. À l'opposé de la Grande Ourse par rapport à la Polaire, Cassiopée forme un « W » de cinq étoiles. Comme la Grande Ourse, elle est circumpolaire : les deux ensemble constituent un « axe » permanent autour duquel le reste du ciel tourne.
Les constellations par saisons
Une fois l'axe polaire identifié, on explore le ciel en fonction de la saison :
Printemps :
Le ciel de printemps est propice à l'observation des galaxies et des amas stellaires. Pour s'y repérer, le « Triangle de printemps » se forme à partir de trois étoiles brillantes : Arcturus, Spica et Régulus.
Arcturus est le meilleur point de départ. Pour la repérer, il suffit de suivre la courbe du manche de la « Grande casserole » (un astérisme de la Grande Ourse), elle mène directement à Arcturus. Spica, l'étoile la plus brillante de la constellation de la Vierge, se retrouve au sud d'Arcturus. Le prolongement vers l'ouest de la ligne reliant les deux étoiles qui « soutiennent le manche de la Grande casserole » permet de repérer Régulus, dans le Lion. Régulus marque le bas d'un astérisme en forme de point d'interrogation inversé (ou de faucille).
Été :
S'il est toujours possible d'observer les constellations circumpolaires, la forme la plus remarquable dans le ciel d'été est sans nul doute l'astérisme du « Triangle de l'été » qui atteint son point culminant durant cette saison dans l'hémisphère nord. Aux sommets du triangle se retrouvent trois étoiles lumineuses, facilement repérables à l'œil nu, qui traversent le ciel nocturne toute la nuit. Ces étoiles (de la plus brillante à la plus faible) sont : Véga dans la Lyre, Altaïr dans l'Aigle et Deneb dans le Cygne.
À l'intérieur même de cet astérisme se trouvent deux autres petites constellations : La Flèche et le Petit Renard. Au total, il couvre donc cinq constellations. La Voie lactée traverse le ciel d'été, formant un concentré d'étoiles qui la fait apparaître comme une pâle traînée blanche. Les Perséides — un essaim de météores — sont également au rendez-vous avec un maximum vers le 13 août.
Automne :
Si l'automne est le chant du cygne pour la constellation du même nom, la Voie lactée reste tout aussi attirante ; la relative douceur de certaines nuits automnales nous permet encore de l'observer pleinement.
Un premier jalon est facilement repérable vers le sud sur une zone qui ne contient que peu d'étoiles réellement lumineuses : le « grand carré de Pégase ». Les étoiles qui délimitent ce quadrilatère sont Markab, Schéat et Algénib. Cependant, l'étoile la plus brillante de l'astérisme — Alpheratz ou Sirrah — appartient à la constellation voisine d'Andromède. Cette dernière se repère sous la forme de trois autres étoiles alignées à partir de la précédente.
Hiver :
Le ciel d'hiver est particulièrement remarquable pour sa richesse en constellations et en objets célestes visibles à l'œil nu ou avec de petits instruments. La constellation d'Orion, facilement reconnaissable par sa ceinture de trois étoiles alignées et ses étoiles brillantes Bételgeuse et Rigel, sert de repère central pour découvrir les autres constellations de la saison.
Á partir d'Orion s'organise un astérisme en forme de « G » composé d'étoiles parmi les plus brillantes du ciel boréal : Bételgeuse et Rigel (Orion), Sirius (Grand Chien), Procyon (Petit Chien), Pollux (Gémeaux), Capella (Cocher) et Aldébaran (Taureau).
Conseils pratiques
- S'éloigner au maximum de la pollution lumineuse et laisser les yeux s'habituer à l'obscurité pendant 15 minutes ; éviter toute lumière blanche (téléphone).
- Utiliser la vision périphérique : les étoiles faibles se perçoivent mieux en regardant légèrement de côté.
- Se repérer à l'aide d'une carte du ciel tournante orientée nord en bas avec une lampe rouge pour l'éclairer, ou une application type Stellarium.
Il suffit de cinq à six constellations par saison pour naviguer confortablement dans le ciel. Avec deux ou trois sorties par saison, la Grande Ourse, Cassiopée, Orion, le Triangle d'été et le Grand Carré de Pégase deviennent des repères quasi automatiques et ouvrent la porte au reste de la voûte céleste.