Glossaire - H

H (ou H0)
Voir : constante de Hubble.
Halley Edmund (Haggerston, 1656-Greenwich, 1742)
Edmund HALLEY
À l'âge de 20 ans, il rencontre l'astronome John Flamsteed (1646-1719), alors occupé à l'élaboration de son catalogue d'étoiles couvrant tout l'hémisphère Nord. Décidant d'en établir un similaire pour l'hémisphère austral, il part sur l'île de Ste Hélène en 1677 et y restera deux ans. À son retour, il publie son Catalogus stellarum australium. En 1682, appliquant les lois de la gravitation d'Isaac Newton (1643-1727) aux comètes, il en découvre la périodicité et prévoit le retour pour 1758 de celle observée en 1531, 1607 et 1682. Cette comète, qui porte aujourd'hui son nom (1P/Halley), a une période d'environ 76 ans.
Après deux années passées sur le navire de guerre Paramour Pink, entre 1698 et 1700, à étudier le champ magnétique terrestre, il devient professeur à Oxford (1703) et entreprend d'apprendre l'arabe pour traduire les œuvres d'Apollonios de Perga (vers −262-vers −180) : De sectione rationis (1706) et Libri conicorum (1710). Géomètre-astronome de l'Antiquité, Apollonios de Perga a écrit le premier traité sur les sections coniques, inventant pour la cause les termes : « Ellipse », « Parabole » et « Hyperbole ». Il serait également l'instigateur des orbites excentriques pour expliquer le mouvement apparent des planètes et la variation de vitesse orbitale de la Lune. Après avoir mis en évidence le mouvement propre de certaines étoiles (1718), il succède à Flamsteed, en 1720, comme directeur de l'observatoire de Greenwich, poste qu'il occupera jusqu'à son décès.
Un cratère lunaire de 36 km de diamètre (08,0 °S-05,7 °E) lui est dédié, un autre sur Mars ainsi que l'astéroïde n° 2688.
Harpe de George
Cette constellation, aujourd'hui disparue, est un obscur hommage rendu par l'abbé Maximilian Hell (1720-1792) au roi George III d'Angleterre en 1781. Elle vibrait au nord de l'Éridan.
Hauteur
La hauteur d'un astre dans le système de coordonnées horizontales est l'angle que forme la direction de cet astre avec le plan horizontal. Cet angle h est exprimé en degrés, positif au dessus de l'horizon, négatif en dessous… donc invisible. Son complément est la distance zénithale. La hauteur du pôle en en lieu correspond à la latitude du lieu.
Héliocentrisme
Modèle cosmologique qui place le Soleil au centre de l'Univers. Historiquement, il remplace le système géocentrique de Ptolémée (entre 87 et 100-vers 170).
Hélium
Deuxième élément du tableau périodique, son symbole est He. Il entre pour un peu moins de 25 % dans la composition de la matière originelle formée durant les premières minutes du « Big-Bang ». Rare dans l'atmosphère terrestre, il continue à se former par fusion nucléaire de l'hydrogène au sein des étoiles dans lesquelles on le retrouve en abondance.
Hercule
Constellation symbolisant Héraklès, le héros de la mythologie grecque, entre le Cygne et le Bouvier. Elle contient un superbe amas globulaire : M 13. Son sigle est Her (Hercules).
Herschel William Friedrich Wilhelm< (Hanovre, 1738-Slough, 1822)
William HERSCHEL
Fils de musicien, William Herschel reçoit également une formation musicale, apprenant le hautbois et le violon. En 1757, il quitte sa ville natale de Hanovre pour l'Angleterre où il s'installe comme copiste à Londres, puis enseigne la musique à Durham. Passionné d'astronomie, tout en menant parallèlement des études en mathématiques, il commence la construction de télescopes (1773) de plus en plus performants. Le 13 mars 1781, à l'aide de l'un de ces instruments dont il polit lui-même les miroirs en bronze, il découvre une nouvelle planète : Uranus, ouvrant ainsi une nouvelle ère en astronomie. Cette découverte lui vaut la médaille Copley et son admission à la Royal Society. Devenu l'astronome privé du roi Georges III, il cesse peu à peu ses activités musicales au profit unique de l'astronomie.
Observateur zélé, il identifie les deux plus gros satellites d'Uranus : Titania et Oberon (1787) et deux ans plus tard les satellites de Saturne : Mimas et Encelade. Considéré comme le pionnier de l'astronomie stellaire, il établit plusieurs catalogues d'étoiles doubles et détermine la forme de la Voie lactée (1790) par une méthode statistique. Également découvreur d'un grand nombre d'amas stellaires, nébuleuses, il démontrera l'effet thermique du rayonnement infrarouge (vers 1800).
Il se voit attribuer un cratère lunaire de 41 km de diamètre (05,7 °S-02,1 °E), un autre sur Mars, ainsi que l'astéroïde n° 2000.
Un des télescopes construits par HERSCHEL
Un des télescopes construits par Herschel posé sur un « manège ».
Les mouvements s'effectuent à l'aide de cordes actionnées par un assistant.
Carolyn Lucretia Herschel (Hanovre, 1750-id, 1848)
Carolyn HERSCHEL
Carolyn Lucretia Herschel et son frère Alexander apporteront leur aide précieuse dans l'élaboration des travaux de William Herschel (1738-1822). Carolyn, en améliorant le catalogue de John Flamsteed (1646-1719), découvrit également 8 comètes. L'astéroïde n°281 porte son prénom.
Sir John Frederich William Herschel (Slough, 1792-Hawkhurst, 1871)
John HERSCHEL
Sir John Frederich William Herschel, fils de William Herschel (1738-1822) deviendra également un astronome de grande renommée. Observant à l'observatoire de Slough (banlieue de Londres) de 1826 à 1832, puis depuis le Cap (Afrique du Sud) entre 1833 et 1837, il publiera ses travaux sous la forme d'un Grand catalogue de 10 200 étoiles doubles et multiples. Une plaine murée, de 156 km de diamètre, lui est attribué sur notre satellite en bordure nord de Mare Frigoris (62,1 °N-41,2 °O).
Hertzsprung Ejnar (Fredericksberg, 1873-Tølløse, 1967)
Ejnar HERTZSPRUNG
L'astronome danois Ejnar Hertzsprung est connu pour ses travaux sur l'évolution des étoiles. En 1911, il publie avec Hans Otto Rosenberg (1879-1940) un diagramme « type spectral-luminosité » portant sur la population des amas des Hyades (Melotte 25) et des Pléiades (M 45). Il découvre, en 1913, la nature supergéante des étoiles céphéides et énonce en 1919 une relation entre masse et luminosité d'une étoile. Son nom est associé à celui de Henry Russell (1877-1957) pour le diagramme qui met en évidence cette corrélation entre deux valeurs physiques fondamentales des étoiles : le diagramme de Hertzsprung-Russel (ou, plus communément, diagramme H-R). Il est également le découvreur des astéroïdes 1702 Kalahari (1924) et 1627 Ivar (1929). Nommé directeur de l'observatoire de Leyde entre 1935 à 1944, il donne son nom à un cratère sur la face cachée de la Lune et à l'astéroïde n° 1693.
Heure sidérale
Par définition, il est 00 h 00 sidérale quand le méridien céleste du point vernal (ascension droite = 00 h 00) passe au méridien de l'observateur. Le 21 mars, jour de l'équinoxe de printemps, le Soleil occupe la position du point vernal : quand il passe au méridien (12 h 00 solaires) il est 00 h 00 sidérale.
L'heure solaire se décale de l'heure sidérale de 4 mn par jour (1° d'arc). Six mois plus tard, le 21 septembre, jour de l'équinoxe d'automne, le Soleil apparaît dans la position diamétralement opposée : à 12 h 00 solaires il sera 12 h 00 sidérales. On peut dire aussi que la valeur de l'heure sidérale correspond à celle de l'angle horaire du point vernal. En pratique, l'heure sidérale permet donc de connaître la partie de la sphère céleste qui passe au méridien. Par exemple, quand il sera 01 h 00 sidérale, les astres dont l'ascension droite est 01 h 00 passeront au méridien du lieu.
Honneurs de Frédéric
Située au nord d'Andromède, « Frederici Honores » fut une constellation dédiée à la gloire de Frédéric II de Prusse par Johann Bode (1747-1826) en 1787.
Horizon
Projection sur la sphère céleste du plan horizontal passant par le point de vision de l'observateur. L'horizon vrai est le cercle imaginaire reliant tous les points ayant 0° de hauteur. Les heures de lever et de coucher des éphémérides sont données par rapport à l'horizon vrai d'un lieu, ce qui peut donner des différences pouvant aller jusqu'à quelques minutes par rapport à l'horizon propre.
Horloge
Petite constellation australe, elle ne présente aucun attrait particulier. Son sigle est Hor (Horologium).
Hubble Edwin Powell (Marshfield, 1889-San Marino, 1953)
Edwin Powell HUBBLE
La jeunesse de Edwin Hubble se partage entre plusieurs passions : les mathématiques, l'astronomie et… la boxe où il concourt dans la catégorie « poids-lourds ». En 1910, il change de cap et rejoint Oxford pour étudier la jurisprudence. Trois ans plus tard, de retour aux États-Unis, il ouvre un cabinet dans le Kentucky… et reprend après quelques mois des études universitaires à l'observatoire Yerkes. Il obtient son doctorat en 1917 avec une thèse portant sur les nébuleuses dans laquelle il annonce que les nébuleuses planétaires se situent dans la Galaxie, mais que les nébuleuses spirales en sont extérieures. Les États-Unis entrant en guerre, il s'engage dans l'armée et en ressort, après deux ans de service en France et en Allemagne, avec le grade de Major.
Rejoignant l'observatoire du Mont Wilson, il sera l'un des premiers à utiliser le télescope « Hooker » avec lequel il découvre des céphéides dans NGC 6822 du Sagittaire. Le télescope Hooker avec son miroir de 2,5 mètres (100 pouces), un géant pour son époque, est mis en service le 1er novembre 1917 après bien des déboires. Sa construction fut rendue possible grâce à une donation de John D. Hooker, le fondateur de l'Académie des sciences de Californie. Délaissé à partir de 1986, il reprend du service après avoir été équipé d'une toute nouvelle optique adaptative en 1992. Son pouvoir de résolution est maintenant amené à 0,05 seconde d'arc.
En 1925, mettant ainsi un terme à une longue polémique, il démontrera la non-appartenance de l'objet NGC 6822 à notre Voie lactée. Il fera des observations identiques sur les « nébuleuses » M 33 du Triangle et M 31 d'Andromède. La même année, il établira une classification morphologique des galaxies toujours en vigueur (diagramme de Hubble).
Le 15 mars 1929, après avoir remarqué un décalage spectral (effet Doppler) sur ces objets qu'il étudiait, il établit une corrélation entre la vitesse de fuite des galaxies et leurs distances (constante de Hubble). En 1948, il rejoint l'équipe du Mont Palomar et son nouveau télescope « Hale » avec lequel il poursuivra ses travaux jusqu'à sa mort. Ce télescope de 5,08 mètres (200 pouces) a vu sa première lumière en 1949. Baptisé en l'honneur de l'astronome George Ellery Hale (1868-1938), l'un des principaux fondateurs de l'observatoire du Mont Wilson, ce télescope restera le plus grand au monde jusqu'en 1975. Il ne doit pas être confondu avec le « George Hale Solar Telescope », un télescope de 1,5 mètre (60 pouces) également situé au Mont Wilson. Ce dernier n'est plus opérationnel mais reste cependant accessible au public.
Découvreur de l'astéroïde n° 1373/Cincinatti en 1935, il donne son nom au n° 2069 et se voit attribuer un cratère de 81 km de diamètre sur le limbe lunaire au nord de Mare Marginis (22,1 °N-86,9 °E). Le télescope spatial, mis en orbite en 1990, porte également son nom.
Télescope Hooker
Le télescope Hooker du Mont Wilson
Hubble Space Telescope
L'idée de placer un télescope dans l'espace pour s'affranchir de l'absorption et des perturbations de l'atmosphère terrestre remonte aux années 1940, idée largement défendue par l'astronome américain Lyman Spitzer (1914-1997) — le télescope SIRTF (Space Infrared Telescope Facility) sera renommé Spitzer quatre mois après son lancement, honorant ainsi son rôle dans les premiers projets de télescopes spatiaux. Les premiers observatoires spaciaux seront mis en orbite entre 1966 et 1970 (les quatre missions Orbital Astronomical Observatory notamment, dont deux seront des échecs cuisants). Le projet du Large Space Telescope, un télescope de 3 m de diamètre prend corps en 1970. La première ébauche, jugée trop coûteuse, est révisée à la baisse : le nombre d'instruments embarqués est réduit et son diamètre ramené à 2,4 m.
Projet innovateur et conçu pour être entretenu par des missions spatiales, la construction du télescope prend du retard. En 1983, il est officiellement baptisé « Hubble » en hommage à Edwin Hubble (1889-1953) pour sa découverte de l'expansion de l'Univers.
Le lancement est prévu courant octobre 1986 alors même que les logiciels de contrôle ne sont pas opérationnels, mais au mois de janvier suivant la navette Challenger explose en phase de décollage et entraîne la mort des sept membres de l'équipage. La mise en orbite est réalisée quatre ans plus tard, le 24 avril 1990, par la navette Discovery qui place le télescope à 612 km de la Terre. Quelques jours plus tard, après quelques difficultés de mise en service vite maitrisées, c'est une immense déception au centre de contrôle du Goddard Space Flight Center : la résolution attendue est loin d'être atteinte. Le miroir est parfaitement poli mais se révèle « trop plat » de 2,2 micromètres en bordure !
Le défaut a heureusement la particularité d'être parfaitement régulier, ce qui permettra de le corriger lors d'une mission dédiée en décembre 1993 (cette aberration de sphéricité sera directement corrigée au sein des capteurs placés lors des missions ultérieures).
Le succès de l'opération est confirmée l'année suivante. Le télescope Hubble devient très vite l'instrument de référence pour la recherche astronomique et reste à la pointe de la technique par l'adjonction de nouveaux instruments. Aujourd'hui, Hubble est considéré comme l'outil scientifique le plus productif jamais réalisé. Plus de 10 000 publications (dans des revues avec comité de lecture) ont utilisées les données issues du télescope et, même si parfois certaines images aux traitements excessifs ont eu un caractère orienté vers le sensationnel, il a grandement participé à la popularisation de l'astronomie. Lorsqu'il cessera de fonctionner, il n'y aura pas d'équivalent : son successeur, le James Webb Space Telescope, se centre sur le domaine infrarouge pour sonder l'univers plus lointain (la lumière des galaxies lointaines est décalée vers le rouge en raison de l'expansion de l'Univers).
Huygens Christiaan (La Haye, 1629-idem, 1695)
Christiaan HUYGENS
Son père Constantijn était l'ami personnel de René Descartes (1596-1650) — lui aussi est né à La Haye… entre Poitiers et Tours (Indre-et-Loire), cette petite ville de 4 000 habitants s'est par la suite appelée Lahaye-Descartes, pour devenir aujourd'hui Descartes — et de Marin Mersenne (1588-1648). Bénéficiant d'une éducation exceptionnelle, le jeune Christiaan Huygens fit son éducation scientifique dans les œuvres du célèbre philosophe… avant de les contester. Profitant de quelques séjours à Paris, il côtoya ou s'informa des travaux de plusieurs grands noms de l'époque : Pierre Gassend (dit Gassendi, 1592-1655), Blaise Pascal (1623 -1662), Pierre Simon de Fermat (1601-1665)…
En 1659, à l'aide d'une lunette de 23 cm de diamètre (et 70 m de focale !) qu'il construisit lui-même, il est le premier à remarquer que les « anses » de Saturne étaient un anneau dont l'aspect variait en fonction des positions relatives de la planète avec la Terre. Quatre années auparavant, il avait découvert son plus gros satellite : Titan. En 1661, lors d'un rapide passage à Londres, il put faire une observation d'un transit de Mercure devant le Soleil.
Travaillant à l'élaboration des horloges marines (elles permettaient de calculer précisément la longitude en mer), il perfectionne les mécanismes d'échappements transmettant aux ressorts spiraux leurs battements isochrones. À ce sujet, il publit Horologium en 1658 et Horologium oscillatorium en 1673. Ses qualités de concepteur l'amenèrent à améliorer ou inventer des mécanismes micrométriques nécessaires à une astronomie de précision.
Cherchant à améliorer les lentilles de microscopes, il conçut également un oculaire qui porte son nom. Ses activités en optique l'amènent à s'intéresser à une théorie ondulatoire de la lumière : Traité de la lumière paru en 1690. Ce travail sera occulté par le modèle corpusculaire de son « concurrent » Isaac Newton (1643-1727).
L'astéroïde n° 2801 porte son nom ainsi qu'un cratère martien.
Hydre
D'un découpage très allongé, cette constellation symbolise aujourd'hui le serpent de mer mythique. À sa place se trouvait autrefois… un chat ! Son sigle est Hya (Hydra).
Hydre mâle
Petite constellation insignifiante proche du pôle céleste sud. Son sigle est Hyi (Hydrus).
Hydrogène
Élément le plus simple et le plus abondant de l'Univers, son symbole est H. La fusion nucléaire de l'hydrogène en hélium est la principale source d'énergie rayonnée par les étoiles.